Alice was beginning to get very tired of sitting by her sister on the bank, and of having nothing to do: once or twice she had peeped into the book her sister was reading, but it had no pictures or conversations in it, `and what is the use of a book,’ thought Alice `without pictures or conversation?’...

Alice, assise auprès de sa sœur sur le gazon, commençait à s’ennuyer de rester là à ne rien faire ; une ou deux fois elle avait jeté les yeux sur le livre que lisait sa sœur ; mais quoi ! pas d’images, pas de dialogues ! « La belle avance, » pensait Alice, « qu’un livre sans images, sans causeries ! »...

Lewis Carroll

Ce texte m'a longtemps fait peur; je me souviens encore avoir passé tout le temps d'une séance sous le siège du cinéma où ma mère nous avait emmené, ma soeur et moi. Je ne pouvais ni le lire, ni en voir une image, sans ressentir un vif rejet.  Jusqu'à ce que je comprenne que c'était avant tout une histoire pour adulte... Je me souviens l'avoir étudié dans le texte oiginal, en cours d'anglais, au lycée. J'en ai d'abord aimé la langue, les mots, leur rythme roulaient dans la bouche, pour créer une musique à la fois ronde et harmonieuse. C'est alors que le basculement d'Alice a pris toute sa place dans mon univers intérieur...

Alors, quand il y a quelques années, j'ai eu envie de travailler sur les chimères, les créatures imaginaires qui peupleraient notre monde, c'est évidemment elle qui a frappé au coin de mon esprit. Oh, je ne voulais pas refaire la deux cent millième tenue d'Alice en bleu et blanc. Non!... Je voulais que ce décallage vienne fleurter avec notre rationnalité. Et c'est là que cette petite Alice est née. Elle était rousse comme les forêts d'Automne; d'enracinement celte, afin que les créatures de ses légendes peuplent ses jours et ses nuits, naturellement... et vive... Vive comme la rivière de la chanson: "Ma petite est comme l'eau; elle est comme l'eau vive; elle court comme un ruisseau que les enfants poursuivent..."Et actuelle, profondément ancrée dans notre XXI ème Siècle.

En retard? Non... Pas de montre dans son univers, juste une forêt chaude, vibrante, et habitée... Une forêt qu'elle habite...

Ma première version a remporté beaucoup de succès, bien que certaines n'aient pas compris "les oreilles de lapin". Mais, le temps était passé. J'avais trop avancé dans mon travail, pour la garder indéfinissable ainsi. Or, une commande était là; une petite "Alice' devait voir le jour... La cliente allait avoir une autre de mes poupées rousses avec cette coupe de cheveux... Mon esprit s'est mis au travail...

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à la fin de ce post, je vous mettrais de nouveau la photo de la tenuel originèle, pour que vous vous fassiez une idée. Mais, voici cette nouvelle version qui a fait la joie de sa nouvelle propriétaire. Des cheveux frisés et légers, une paire d'oreilles de lapin, un regard pétillant...  La tenue est resté la même, avec cependant des petits détails différents. Le lainage est devenu du Haris Tweed (une merveille); la robe est visible; je trouvais dommage que la qualité du tissage de celle-ci n'apparaissent pas... Et pour le reste, peut-être que des yeux attentifs verront les nuances...

 

DSC_3417La robe est en coton tissé de la Droguerie, Paris

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DSC_3424Une breloque et un noeud habille son décolleté plissé...

Et maintenant la poupée originale; à vous de me dire quels différences vous voyez... Mise à part la photo et ses couleurs, à laquelle j'avais donné une autre atmosphère...

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à bientôt pour les nouveautés...